Témoignages

Christophe:

"une parure mais discrète"

Un sourire solaire et des yeux noirs pétillants, d'étranges reflets argentés sur une peau mate,oreilles, lèvres et narine cloutés;Christophe est devenu un accro du piercing pour son côté esthétique.

Depuis toujours, Christophe sait qu'il aime les garçons, et vit plutôt bien son homosexualité. Il est avec son ami Jean-Marc, de toutes les gay prides et de nombreuses manifs.

Ca a commencé par les oreilles, à l'adolescence, au moment où c'était déjà «relativement bien accepté, même dans un milieu un peu étriqué». Une, deux, trois...dans chaque oreille:»Je commençais à avoir des allures de sapin de Noël, alors j'en ai enlevé quelques-uns et je suis passé à autre chose».

C'était l'époque où les mannequins commençaient à exhiber leur nombril percé sur les podiums. Christophe se fait percer le nez, la narine gauche, «parce que c'était tellement joli, mais je l'ai voulu sobre comme le bijou des Indiennes». Suivent le nombril, un piercing déjà õplus rare pour les garçons, et les seins, «le plus douloureux, mais aussi celui qu'on sent en permanence». «Depuis plusieurs étés, les piscines sont pleines de bronzés qui affichent leur identité gay avec leurs seins percés, c'est très connoté, mais c'est devenu presque trop mode». Christophe essaie donc de personnaliser ses piercings en changeant de bijoux. Tout le monde porte un anneau dans le nombril? Il met une banane dans le sien, remplace l'anneau de son sein par une flèche, le brillant de son nez par un discret clou argenté.

«Les allumés qui se suspendent par des crochets et prétendent entrer en transe», ce n'est pas vraiment son truc.. Christophe ne voit dans le piercing que la parure, le bijou individualisé, éventuellement fait sur mesure, mais qui doit rester discret.

Son dernier piercing? Avec Jean-Marc, dans un salon de la place. Christophe arbore désormais une petite boule argentée en dessous de la lèvre, et Jean-Marc une pierre, un peu plus secrète, au nombril.

 

Sonia:

«À chaque fois,je me dis que ce sera le dernier»

«C'est douloureux, c'est ennuyeux, je me paie à chaque fois des chutes de tension terribles, à la limite de l'évanouissement: je ne sais vraiment pas ce qui m'y pousse, mais j'y reviens toujours. J'adore l'idée d'avoir du métal dans le corps le toucher, en changer, jouer avec mes piercings, c'est hypersexy.

Elle a commencé par la narine, à quatorze ans, mais n'y porte plus de bijou, parce que c'est devenu «trop banal». Evidemment, «c'était un peu la crise à la maison quand ma mère l'a vu, mais je lui ai promis que ce serait le dernier.Ensuite je me suis fait percer le nombril, je le lui ai caché quelques semaines. Après, il y a eu le septum, et je crois qu'elle a fini par se faire à l'idée.» Détail piquant, Sonia portait à l'époque un appareil dentaire. Elle avait aussi décidé de se faire percer la langue le jour où on le lui enlèverait, l'argument étant qu'elle arrête de fumer: «je me suis percé la langue mais je fume toujours.»

 

Son piercing le plus récent, mais aussi le plus visible, le plus difficile à cacher, celui qu'elle a dans le cou, va l'obliger à porter des cols roulés quand elle ira voir sa famille. Qu'importe, c'était une expérience étonnante: «Douloureuse mais plannante. À l'instant où c'est fini, c'est le nirvana, peut-être que je suis une maso qui s'ignore.»

Dans son sac, Sonia a toujours un petit sachet qui contient tous ses bijoux: piques de tailles différentes pour le nez, anneau à boules, argenté, brillants et pierres noire pour le nombril,...

La seule chose qui l'inquiète un peu, c'est celui qu'elle a dans la langue: «j'hésite à l'enlever, car je crains d'avoir des problèmes de diction...»

 

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